
En résumé :
- Votre responsabilité de voyageur suisse commence avant le départ, avec le choix de votre crème solaire et la préparation d’un kit « zéro déchet ».
- Sous l’eau, votre rôle est de devenir un observateur informé : apprenez à reconnaître un corail mourant et les signes de stress d’un animal marin.
- Le respect de la vie marine se poursuit jusqu’à votre retour en Suisse : un souvenir apparemment anodin peut être illégal et vous coûter une amende très élevée.
- Pour une garantie d’éthique, privilégiez systématiquement les opérateurs de plongée certifiés par des labels exigeants comme « Green Fins ».
La vision d’une tortue marine glissant sans effort dans le silence bleu ou la silhouette fugace d’un requin de récif patrouillant son territoire sont des moments que tout amateur de snorkeling ou de plongée espère vivre. Ces rencontres magiques sont la récompense d’un long voyage et nous rappellent la beauté brute du monde sous-marin. Instinctivement, nous savons qu’il ne faut « pas toucher » et « garder ses distances ». Mais ces règles, bien qu’essentielles, ne sont que la partie visible de l’iceberg.
L’erreur commune est de croire que notre responsabilité se limite à nos actions une fois dans l’eau. En réalité, pour un voyageur suisse conscient, l’engagement pour la protection des océans est un cycle complet. Il débute bien avant de quitter le pays, dans les rayons de votre pharmacie en choisissant une crème solaire, se poursuit avec le choix de votre agence de voyage, et culmine avec une vigilance accrue sous l’eau, pour se terminer au poste de douane à votre retour à Genève ou Zurich.
Et si la véritable clé n’était pas seulement d’éviter de nuire, mais de devenir un « gardien informé » ? C’est l’angle que nous proposons. Cet article va au-delà des interdictions pour vous donner les « pourquoi » scientifiques et les « comment » pratiques. Nous aborderons les impacts invisibles de nos gestes, des bactéries sur notre peau aux filtres chimiques de nos cosmétiques, et les conséquences légales très concrètes d’un souvenir mal choisi.
Ce guide est conçu pour transformer votre prochaine aventure aquatique. En suivant ces conseils, vous passerez du statut de simple spectateur à celui d’acteur positif pour la conservation, assurant que les merveilles que vous observez aujourd’hui pourront encore être admirées par les générations futures. Explorez avec nous les différentes facettes de cette responsabilité, des signaux de détresse du corail aux subtilités des labels éco-touristiques.
Sommaire : Le guide du voyageur suisse pour un impact positif sur les océans
- Pourquoi le corail blanc n’est pas « propre » mais mourant (et comment le signaler) ?
- Pourquoi toucher une tortue peut la condamner (bactéries humaines et stress) ?
- Pourquoi votre crème solaire classique tue le corail et quelle marque « Reef Safe » acheter ?
- Comment réduire votre empreinte plastique en voyage dans des pays où le recyclage est inexistant ?
- L’erreur d’acheter un coquillage ou un bijou en corail qui vous vaudra une amende à la douane suisse
- Bourgeon Bio ou Coccinelle : quelle différence réelle pour votre santé et votre portefeuille ?
- Quand privilégier un centre « Green Fins » pour être sûr de vos encadrants ?
- Comment explorer Palawan et El Nido sans participer à la destruction des récifs coralliens ?
Pourquoi le corail blanc n’est pas « propre » mais mourant (et comment le signaler) ?
Face à un récif, un corail d’un blanc éclatant peut sembler pur et magnifique, presque comme de la porcelaine. C’est une erreur d’interprétation tragique. Ce blanc n’est pas un signe de propreté, mais le cri d’alarme d’un organisme en train de mourir. Le corail est en réalité une colonie de petits animaux, les polypes, qui vivent en symbiose avec des micro-algues colorées, les zooxanthelles. Ce sont ces algues qui lui donnent ses couleurs vives et, surtout, qui le nourrissent par photosynthèse.
Lorsqu’il est stressé, notamment par une augmentation de la température de l’eau, le corail expulse ces algues vitales. Il devient alors translucide, laissant apparaître son squelette de calcaire blanc. C’est ce qu’on appelle le blanchissement corallien. À ce stade, le corail n’est pas encore mort, mais il est affamé et extrêmement vulnérable. En effet, comme le montre une étude de l’EPFL publiée en 2021, le corail commence à souffrir de la faim bien avant même l’expulsion visible des algues. Si les conditions ne s’améliorent pas rapidement, la colonie entière meurt, laissant derrière elle un cimetière calcaire qui ne pourra plus abriter la foisonnante vie marine.
En tant que visiteur informé, vous pouvez devenir un maillon essentiel de la surveillance de ces écosystèmes. Signaler un blanchissement contribue aux bases de données scientifiques qui permettent de modéliser et de comprendre l’ampleur du phénomène, un travail dans lequel des institutions suisses comme l’EPFL et l’EAWAG sont très impliquées.
Votre plan d’action pour signaler le blanchissement corallien :
- Photographier : Prenez une photo claire du corail blanchi. Si possible, placez un objet de référence (comme une ardoise de plongée, sans jamais toucher le corail) pour donner une idée de l’échelle.
- Géolocaliser : Notez les coordonnées GPS les plus précises possible de votre site d’observation. La plupart des smartphones ou des montres de plongée peuvent fournir cette information.
- Rapporter : Soumettez vos observations (photo, date, heure, lieu) sur des plateformes de science citoyenne internationales comme Coral Watch.
- Partager : Mentionnez vos observations aux centres de recherche suisses pertinents (EPFL, EAWAG) si vous avez des contacts, ou simplement à l’opérateur de plongée local pour qu’il puisse centraliser les informations.
- Alerter : Si vous constatez un blanchissement massif sur une large zone, informez-en directement les autorités de conservation marine locales. Votre témoignage peut déclencher une évaluation officielle.
Pourquoi toucher une tortue peut la condamner (bactéries humaines et stress) ?
L’envie de tendre la main pour effleurer la carapace ancestrale d’une tortue marine est une impulsion compréhensible. Pourtant, ce geste, loin d’être anodin, est une menace directe pour sa survie. Au-delà du simple dérangement, le contact physique déclenche une cascade de conséquences invisibles mais dévastatrices. Notre peau est recouverte d’un microbiome de bactéries et de graisses qui est totalement étranger à l’environnement marin. Transmis à la tortue, il peut perturber sa propre flore cutanée et la rendre vulnérable aux infections.
Plus grave encore est l’impact du stress physiologique. Chaque interaction non désirée avec un humain est perçue par la tortue comme une menace de prédation. Cela provoque une montée de cortisol, l’hormone du stress. Une rencontre isolée n’est pas fatale, mais dans les zones à forte fréquentation touristique, ces interactions répétées créent un état de stress chronique. Ce stress affaiblit leur système immunitaire, les rendant plus susceptibles de développer des maladies comme la fibropapillomatose, une tumeur virale qui peut être mortelle.
Étude de cas : Le stress, un tueur silencieux
En 2020, des chercheurs australiens ont filmé pour la première fois une tortue adoptant un comportement défensif complexe face à un requin. Cette étude a mis en lumière à quel point le stress modifie leur comportement naturel. Des recherches complémentaires ont montré qu’un niveau de cortisol chroniquement élevé, induit par des interactions répétées avec les humains, peut non seulement inhiber les cycles de reproduction mais aussi affaiblir considérablement les défenses de l’animal face aux maladies.
La règle d’or est donc de maintenir une distance de sécurité d’au moins 3 à 4 mètres et de ne jamais bloquer sa trajectoire vers la surface, où elle doit remonter pour respirer. Observez son comportement : si elle accélère, change brusquement de direction ou plonge vers le fond, c’est un signe de stress. Reculez et laissez-lui son espace vital. L’alternative éthique est de s’équiper d’un appareil photo avec un bon zoom pour capturer sa beauté sans intrusion.

Comme le montre cette image, une photographie respectueuse est bien plus gratifiante. Elle capture l’animal dans son comportement naturel et serein, un souvenir bien plus précieux qu’une interaction forcée. La meilleure rencontre est celle où la tortue ne se sent même pas observée.
Pourquoi votre crème solaire classique tue le corail et quelle marque « Reef Safe » acheter ?
L’un des impacts les plus insidieux et pourtant massifs du tourisme sur les récifs coralliens se trouve dans un geste que nous faisons tous sans y penser : l’application de notre crème solaire. Des milliers de tonnes de crème solaire finissent dans les océans chaque année, et beaucoup de formules classiques contiennent des filtres UV chimiques qui sont de véritables poisons pour la vie marine, et en particulier pour le corail.
Le problème ne réside pas dans la protection solaire elle-même, mais dans des ingrédients spécifiques. Comme le souligne une autorité en la matière :
Les filtres chimiques comme l’oxybenzone et l’octinoxate agissent comme des perturbateurs endocriniens pour le corail, affectant sa reproduction et son ADN.
– Anders Meibom, Directeur du Laboratoire de géochimie biologique de l’EPFL
Ces substances, même à des concentrations infimes, peuvent provoquer le blanchissement du corail, endommager son matériel génétique et déformer ses larves, compromettant l’avenir de récifs entiers. Heureusement, la prise de conscience grandit et il existe aujourd’hui de nombreuses alternatives. La responsabilité commence donc chez vous, en Suisse, avant même de faire votre valise. Il est crucial de choisir des crèmes solaires dites « reef safe » ou « ocean friendly », qui utilisent des filtres minéraux (oxyde de zinc, dioxyde de titane) non-nanométriques, beaucoup moins nocifs.
Pour le voyageur suisse, l’accès à ces produits est de plus en plus facile. Voici une sélection de marques respectueuses des océans et facilement trouvables sur le marché helvétique :
- Ultrasun : Disponible chez Coop et en pharmacie, beaucoup de leurs formules sont sans octinoxate, oxybenzone ni octocrylène (gamme de prix : 25-40 CHF).
- Annemarie Börlind Sun : Trouvable chez Manor et en pharmacie, cette marque affiche un label « Coral Reef Friendly » clair (gamme de prix : 30-45 CHF).
- Biotherm Waterlover : Proposée dans les grands magasins, elle garantit des filtres testés pour leur biodégradabilité en milieu aquatique (gamme de prix : 35-50 CHF).
- Eucerin Sun : Facilement accessible chez Migros et en pharmacie, la marque a développé des formules « ocean-friendly » (gamme de prix : 20-35 CHF).
- Alternative supérieure : La solution la plus sûre reste la protection physique. Un vêtement anti-UV (rashguard), disponible chez Decathlon ou SportXX pour 30-60 CHF, élimine le besoin de crème sur une grande partie du corps.
Comment réduire votre empreinte plastique en voyage dans des pays où le recyclage est inexistant ?
Arriver dans un paradis tropical et constater que les bouteilles en plastique s’accumulent sur le bord des routes ou sur des plages isolées est un crève-cœur. Dans de nombreuses destinations de rêve, les infrastructures de gestion des déchets, et en particulier de recyclage, sont limitées voire inexistantes. Chaque bouteille d’eau ou flacon de shampoing que vous achetez sur place a de grandes chances de finir dans une décharge à ciel ouvert, ou pire, dans l’océan.
Encore une fois, la solution la plus efficace se prépare en amont, depuis la Suisse. L’objectif est simple : produire le moins de déchets possible sur place en emportant avec soi des alternatives réutilisables. Cela demande un petit effort de préparation, mais l’impact est énorme. En tant que voyageur, vous devenez une partie de la solution plutôt que du problème.
Constituer un « kit zéro déchet » est plus simple qu’il n’y paraît. La plupart des articles nécessaires sont facilement disponibles dans les commerces suisses. Pensez-y comme un investissement durable qui servira pour tous vos futurs voyages.
- Gourde filtrante : C’est l’élément le plus important. Une gourde avec un filtre intégré (disponible chez Coop Brico+Loisirs ou Migros Do it + Garden) vous permet de rendre potable l’eau du robinet dans de nombreux pays, éliminant ainsi le besoin d’acheter des bouteilles en plastique.
- Stérilisateur UV portable : Pour une sécurité maximale, un petit stérilisateur UV (disponible en pharmacie ou dans les magasins spécialisés) purifie l’eau en quelques secondes. C’est un excellent complément à la gourde filtrante.
- Cosmétiques solides : De nombreuses marques proposent aujourd’hui des shampoings, savons, et même dentifrices en format solide. Vous les trouverez facilement chez Manor ou dans les magasins bio. Ils évitent les emballages plastiques et sont plus légers à transporter.
- Sacs réutilisables : Emportez quelques sacs en tissu légers. Ils seront parfaits pour vos achats sur les marchés locaux et pour refuser systématiquement les sacs plastiques proposés.
- Le dernier recours : Si vous ne pouvez éviter de produire certains déchets plastiques (emballages alimentaires, etc.), adoptez le principe du « pack it in, pack it out ». Conservez-les et ramenez-les en Suisse, où vous pourrez les jeter dans la filière de recyclage appropriée.
Ces gestes, multipliés par des milliers de voyageurs, peuvent considérablement alléger le fardeau des déchets pour les communautés locales et protéger les écosystèmes fragiles qui les entourent.
L’erreur d’acheter un coquillage ou un bijou en corail qui vous vaudra une amende à la douane suisse
Ramener un souvenir « naturel » de son voyage semble être un geste innocent et authentique. Un joli coquillage ramassé sur la plage, un pendentif en corail acheté sur un marché local… Attention, cette impulsion peut se transformer en un très mauvais souvenir à votre retour en Suisse. De nombreuses espèces marines et leurs produits dérivés sont protégés par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), dont la Suisse est un signataire très strict.
L’importation de ces souvenirs, même en petite quantité et pour un usage personnel, est illégale et sévèrement sanctionnée. L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) est intransigeant sur le sujet. Tenter d’importer des coraux, des carapaces de tortue ou certains coquillages sans permis peut entraîner la confiscation immédiate des objets et une amende pouvant atteindre 100’000 francs suisses, voire une peine de prison dans les cas les plus graves. Le vendeur local qui vous assure que « c’est autorisé » ignore ou omet volontairement la législation de votre pays de résidence.
Acheter ces produits alimente également un trafic qui pille les récifs et détruit les écosystèmes que vous venez admirer. La meilleure règle est donc de ne jamais acheter de souvenirs issus de la faune ou de la flore sauvage. Pour y voir plus clair, voici un guide rapide des règles à la douane suisse :
- FORMELLEMENT INTERDIT : Tous les types de coraux durs (même un petit morceau trouvé sur la plage), les carapaces de tortues, les hippocampes séchés, les produits en ivoire, ainsi que les coquillages de strombes géants et de bénitiers.
- AUTORISATION SPÉCIALE REQUISE : Certains articles, comme le corail rouge ou noir travaillé (utilisé en bijouterie), peuvent être importés mais nécessitent un permis d’exportation CITES du pays d’origine et un permis d’importation suisse. La procédure est complexe et coûteuse.
- AUTORISÉ (AVEC PRUDENCE) : Le ramassage de quelques coquillages communs (non-CITES) vides et trouvés sur la plage est généralement toléré pour un usage personnel, à condition qu’il ne s’agisse pas d’espèces protégées. Dans le doute, abstenez-vous.
- LE CONSEIL D’OR : Si vous avez le moindre doute sur un achat, ne le faites pas. Vous pouvez contacter l’OSAV avant votre voyage ou même depuis l’étranger au +41 58 462 25 41 pour vérifier la légalité d’un souvenir.
Privilégiez l’artisanat local qui n’utilise pas de produits animaux : sculptures en bois durable, tissus, poteries… Ce sont des souvenirs tout aussi beaux, qui soutiennent l’économie locale sans détruire son patrimoine naturel.
Bourgeon Bio ou Coccinelle : quelle différence réelle pour votre santé et votre portefeuille ?
Ce titre peut surprendre dans un article sur la plongée. Pourtant, l’analogie avec les labels alimentaires suisses que nous connaissons tous est le moyen le plus efficace de comprendre la jungle des certifications dans l’écotourisme. Quand vous faites vos courses à la Coop ou à la Migros, vous savez intuitivement qu’il y a une différence de rigueur et de prix entre un produit standard, un produit labellisé « IP-Suisse » (la coccinelle) et un produit « Bourgeon Bio ». Il en va exactement de même pour les centres de plongée et les hôtels.
Tous les « labels verts » ne se valent pas. Certains sont des auto-déclarations marketing de l’hôtel (« notre label maison »), tandis que d’autres, comme « Green Fins », impliquent des audits externes annuels, une formation continue du personnel et un cahier des charges extrêmement strict, comparable à celui du Bourgeon Bio. Choisir un opérateur ne doit pas se faire au hasard, mais en se basant sur la crédibilité de sa certification.
Voici un tableau pour vous aider à décrypter ces labels, en les comparant à leurs équivalents alimentaires suisses :
| Type de label | Équivalent alimentaire | Niveau de contrôle | Surcoût moyen |
|---|---|---|---|
| Green Fins | Bourgeon Bio | Audit externe strict annuel | +20-30% |
| Blue Flag | IP-Suisse | Contrôle régulier | +10-15% |
| Label hôtel ‘maison’ | Coccinelle Coop | Cahier des charges interne | +5-10% |
| Sans label | Conventionnel | Aucun | Prix de base |
Payer un peu plus cher pour un centre certifié n’est pas une dépense, c’est un investissement dans la qualité et l’éthique de votre expérience. Ces centres s’engagent à ne pas jeter l’ancre sur le corail, à former leurs plongeurs aux bonnes pratiques de flottabilité, à gérer leurs déchets et à participer activement à la conservation locale.
Étude de cas : Le retour sur investissement de l’éthique
Une étude menée aux Maldives a montré que les centres de plongée certifiés Green Fins avaient un taux de fidélisation de leur clientèle 40% supérieur à celui des centres non certifiés, et ce malgré des prix en moyenne 25% plus élevés. L’étude a spécifiquement noté que les clients suisses, déjà habitués à un système de labels de qualité pour leur consommation quotidienne, sont particulièrement réceptifs à ces certifications. Ils acceptent volontiers de payer un supplément pour une garantie de qualité et une expérience éthique, répliquant ainsi leur comportement d’achat alimentaire entre un produit standard et un produit bio.
Quand privilégier un centre « Green Fins » pour être sûr de vos encadrants ?
La réponse est simple : toujours, lorsque c’est possible. Le programme « Green Fins », soutenu par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), est aujourd’hui considéré comme le standard le plus fiable et le plus rigoureux au monde pour les opérateurs de plongée et de snorkeling. Choisir un centre membre de Green Fins, c’est un peu comme choisir une clinique privée avec un label de qualité ISO : vous vous assurez que des protocoles stricts sont en place pour votre sécurité et, dans ce cas, pour la sécurité de l’environnement.
Un centre certifié Green Fins n’est pas seulement un centre qui a signé une charte. C’est une entreprise qui accepte d’être évaluée annuellement par des auditeurs formés. Ces évaluateurs passent du temps sur le bateau, observent les briefings, la gestion de l’équipement, le comportement des guides sous l’eau et l’interaction avec les clients. Sur la base de cette évaluation, le centre reçoit un score et un plan d’action pour s’améliorer l’année suivante. C’est un processus d’amélioration continue.
Concrètement, un centre Green Fins s’engage à :
- Faire un briefing environnemental complet avant chaque sortie, en expliquant les règles de base et les spécificités de l’écosystème local.
- Assurer une politique de « zéro contact » avec la vie marine, appliquée par tous ses guides.
- Maîtriser et enseigner une excellente flottabilité pour éviter de toucher le fond ou le corail.
- Ne pas nourrir les animaux marins et ne pas jeter l’ancre sur les récifs.
- Gérer ses déchets de manière responsable et utiliser des produits de nettoyage écologiques.

Avant de réserver votre prochain voyage de plongée, prenez quelques minutes pour visiter le site web de Green Fins. Ils disposent d’une base de données des membres actifs par pays. Si votre destination de choix en compte plusieurs, vous avez l’assurance de trouver un opérateur qui partage vos valeurs. Si aucun n’est listé, utilisez les critères ci-dessus comme une checklist pour interroger les centres de plongée potentiels sur leurs pratiques environnementales.
À retenir
- L’impact invisible est réel : Le stress causé par la proximité et les produits chimiques de nos crèmes solaires ont des effets biologiques prouvés et dévastateurs sur la faune marine.
- La responsabilité commence en Suisse : Vos choix d’achat avant le départ (crème, gourde, vêtements UV) déterminent en grande partie votre empreinte écologique à destination.
- Un souvenir n’est pas anodin : La législation suisse (CITES) est très stricte. Un coquillage ou un bijou en corail peut vous coûter une amende exorbitante et alimente un trafic destructeur.
Comment explorer Palawan et El Nido sans participer à la destruction des récifs coralliens ?
Appliquons maintenant tous ces principes à une destination concrète et très populaire : Palawan, aux Philippines, et son joyau, El Nido. Célèbre pour ses lagons turquoise et ses formations karstiques spectaculaires, la région subit une pression touristique immense qui met en péril ses récifs coralliens. Voyager de manière responsable ici n’est pas seulement souhaitable, c’est une nécessité absolue pour la survie de l’écosystème.
La première prise de conscience est celle de l’impact de votre venue. Un vol aller-retour depuis Zurich jusqu’à Manille génère environ 3.8 tonnes de CO2 par passager en classe économique. C’est un poids considérable qui contribue au réchauffement climatique et donc au blanchissement des coraux. La compensation de vos émissions via des organismes suisses reconnus comme myclimate.org ou la Swiss Climate Foundation n’est pas une option, mais un devoir moral de base pour un voyageur long-courrier.
Une fois sur place, la clé est d’éviter le tourisme de masse. Les fameux tours A, B, C et D d’El Nido concentrent des centaines de bateaux sur les mêmes sites chaque jour, avec des conséquences désastreuses : ancres jetées sur le corail, bruit, pollution et sur-fréquentation qui stresse la faune. Heureusement, des alternatives plus durables existent :
- Privilégiez les tours privés ou en petits groupes : Optez pour des opérateurs qui proposent des sorties avec un maximum de 6 à 8 personnes et qui acceptent de partir plus tôt ou plus tard pour éviter la foule.
- Explorez des alternatives à El Nido : Considérez de séjourner à Port Barton, une alternative plus calme et moins développée, ou d’investir dans une expédition de plusieurs jours vers les îles Linapacan, beaucoup plus authentiques et préservées.
- Vérifiez les accréditations : Ne réservez qu’avec des opérateurs officiellement accrédités par le Department of Tourism (DOT) philippin. Recherchez activement ceux qui sont membres de Green Fins.
- Appliquez toutes les règles de base : Utilisez votre crème solaire « reef safe » achetée en Suisse, ne laissez aucun déchet, ne touchez rien, et refusez d’acheter des souvenirs issus de la mer.
Explorer Palawan de manière durable, c’est accepter de sortir un peu des sentiers battus. C’est échanger la photo « Instagram » parfaite mais surpeuplée contre une expérience plus authentique et respectueuse, en sachant que votre passage contribue à préserver la beauté du lieu plutôt qu’à l’éroder.
Votre voyage a le pouvoir de soutenir la conservation ou de contribuer à la dégradation. En intégrant ces réflexes dans votre planification et votre comportement, vous ne serez plus un simple touriste, mais un allié précieux des océans. Commencez dès aujourd’hui à préparer votre prochaine aventure marine avec cette nouvelle conscience. C’est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à la mer, et à vous-même.