
En résumé :
- La fatigue hivernale en Suisse n’est pas une fatalité, mais souvent le signe de carences spécifiques en vitamine D et en iode, dues à notre climat et notre géologie.
- La vitamine D doit être supplémentée en hiver, sous forme de gouttes huileuses pour une absorption optimale, car le soleil est insuffisant.
- La carence en iode, historiquement un fléau alpin, est prévenue efficacement et de manière sûre par l’utilisation de sel de cuisine iodé suisse, une solution bien plus fiable que les algues.
- L’hydratation avec des eaux minérales suisses spécifiques (riches en magnésium ou calcium) et une nutrition adaptée sont cruciales pour soutenir le métabolisme et la performance lors d’activités en montagne.
- Évitez les multivitamines importées, souvent surdosées, et privilégiez des stratégies de supplémentation ciblées et validées par les autorités sanitaires suisses.
La sensation de fatigue persistante qui s’installe avec les jours raccourcis et le brouillard tenace du Plateau suisse est une expérience que beaucoup de résidents connaissent. On l’attribue souvent au « blues de l’hiver », à un manque de sommeil ou au stress. Si ces facteurs jouent un rôle, la cause est fréquemment plus profonde et directement liée à notre environnement unique. Beaucoup ignorent que leur lieu de vie les prédispose à deux carences fondamentales : la vitamine D et l’iode.
Face à cette fatigue, le réflexe courant est de se tourner vers des solutions génériques : des multivitamines achetées en ligne, des conseils nutritionnels universels ou simplement attendre le retour du printemps. Cependant, ces approches négligent les particularités géologiques et climatiques de la Suisse. Le sol de nos Alpes est naturellement pauvre en iode, et l’ensoleillement hivernal, même par beau temps, est insuffisant pour permettre à notre peau de synthétiser la vitamine D nécessaire.
Mais si la véritable clé pour retrouver votre vitalité ne résidait pas dans des remèdes importés, mais dans une compréhension fine de notre écosystème local ? La solution n’est pas de consommer plus, mais de consommer mieux, en faisant des choix éclairés et spécifiquement adaptés au contexte suisse. Il s’agit de passer d’une supplémentation à l’aveugle à une stratégie de micro-ajustements quotidiens, en utilisant les outils de santé à notre portée, qu’il s’agisse du type de sel dans notre cuisine ou de l’eau minérale que nous buvons après une randonnée.
Cet article, conçu comme le conseil d’un professionnel de santé, vous guidera à travers les spécificités suisses. Nous analyserons pourquoi ces carences sont si fréquentes ici, comment choisir les formes de suppléments les plus efficaces, et comment des habitudes de vie locales, de l’alimentation à l’éclairage de votre salon, peuvent devenir vos meilleurs alliés pour une santé optimale, même au cœur de l’hiver.
Pour vous aider à naviguer à travers ces informations essentielles, voici un aperçu des sujets que nous allons aborder. Chaque section est conçue pour vous fournir des conseils pratiques et fondés scientifiquement, adaptés à la vie en Suisse.
Sommaire : Guide pratique des carences suisses et des solutions locales
- Gouttes ou comprimés : quelle forme de vitamine D est la mieux assimilée par votre corps ?
- Sel des Alpes iodé ou algues importées : quelle stratégie pour votre thyroïde ?
- Eau minérale d’Henniez ou Eptingen : laquelle choisir pour récupérer après une randonnée ?
- L’erreur de prendre des multivitamines américaines dosées bien au-dessus des recommandations suisses
- Quand se supplémenter en B12 si vous arrêtez la viande séchée et le cervelas ?
- Pourquoi une lumière trop blanche (4000K) dans votre salon vous empêche de dormir ?
- L’erreur de ne pas boire assez et de monter trop vite qui mène au « mal des montagnes »
- Combien de calories devez-vous vraiment manger pour une journée de ski ou de randonnée ?
Gouttes ou comprimés : quelle forme de vitamine D est la mieux assimilée par votre corps ?
En Suisse, le manque d’ensoleillement durant les mois d’hiver n’est pas qu’une impression, c’est un fait de santé publique. L’angle bas du soleil et les fréquents épisodes de brouillard sur le Plateau limitent drastiquement l’exposition aux rayons UVB, indispensables à la production de vitamine D par la peau. Les conséquences sont directes : les recommandations officielles estiment que près de 60% de la population suisse manque de vitamine D à la fin de l’hiver. Cette carence peut entraîner fatigue, baisse de moral et affaiblissement du système immunitaire.
Face à ce constat, la supplémentation n’est pas une option, mais une nécessité pour une grande partie de la population. La question qui se pose alors est : quelle forme choisir ? La vitamine D est liposoluble, ce qui signifie qu’elle est mieux absorbée par l’organisme en présence de graisses. C’est pourquoi les formes huileuses (gouttes) sont souvent considérées comme supérieures aux comprimés secs. Prises au cours d’un repas contenant des lipides (un peu d’huile, un avocat, du fromage), les gouttes de vitamine D3 (cholécalciférol) voient leur biodisponibilité optimisée.
Le choix dépend aussi de votre profil et de votre régularité :
- Pour une prise quotidienne (recommandée) : Les gouttes sont idéales pour les adultes et les enfants (généralement 600-800 UI/jour pour un adulte), car elles permettent un ajustement précis et favorisent une bonne absorption.
- En cas de mauvaise observance : Des doses de charge (ampoules trimestrielles) peuvent être prescrites par un médecin, mais il est crucial de ne pas dépasser certaines doses qui pourraient être contre-productives.
Il est impératif de privilégier les médicaments enregistrés auprès de Swissmedic plutôt que les compléments alimentaires dont le dosage peut être moins fiable. Une simple prise de sang chez votre médecin permettra de déterminer votre statut en vitamine D et d’ajuster la posologie à vos besoins réels.
Sel des Alpes iodé ou algues importées : quelle stratégie pour votre thyroïde ?
L’histoire de la santé publique en Suisse est intimement liée à un minéral : l’iode. Avant les années 1920, les régions alpines étaient frappées par le « crétinisme des Alpes », une forme de handicap mental et physique sévère causé par une carence profonde en iode durant la grossesse. Ce fléau était dû à la nature de nos sols, lessivés par les glaciers et donc naturellement pauvres en iode. En conséquence, les aliments locaux et l’eau en manquaient cruellement.
Étude de cas : L’éradication du goitre et du crétinisme en Suisse
En réponse à cette crise sanitaire, la Suisse est devenue en 1922 le premier pays au monde à introduire une stratégie de santé publique brillante par sa simplicité : l’iodation systématique du sel de cuisine. Comme le rappelle un rapport sur les 100 ans de cette mesure, cette initiative a permis d’éradiquer quasi complètement le goitre endémique et le crétinisme carentiel. La concentration en iode dans le sel, aujourd’hui fixée à 25 mg/kg, est une mesure de prévention simple, sûre et remarquablement efficace, qui a transformé la santé de générations de Suisses.
Aujourd’hui, avec la popularité des régimes alimentaires alternatifs, certains se tournent vers des sources d’iode « naturelles » comme les algues importées (kombu, nori). Si elles sont effectivement riches en iode, cette approche présente deux risques majeurs : une teneur très variable et un danger de surdosage. Un excès d’iode peut être aussi délétère pour la thyroïde qu’une carence.

Le tableau suivant, basé sur les données de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), illustre clairement pourquoi le sel iodé suisse reste la stratégie la plus sûre.
| Source d’iode | Teneur en iode | Régulation | Risques |
|---|---|---|---|
| Sel suisse iodé | 25 mg/kg (standardisé) | Contrôlé par l’OFSP | Quasi-impossible de surdoser |
| Algues kombu | Variable (jusqu’à 2000 mg/kg) | Non régulée | Risque de surdosage important |
| Algues nori | Variable (16-43 mg/kg) | Non régulée | Teneur imprévisible |
Eau minérale d’Henniez ou Eptingen : laquelle choisir pour récupérer après une randonnée ?
Après une longue journée de randonnée dans les Alpes ou une session de ski intense, le premier réflexe est de se réhydrater. Cependant, toutes les eaux ne se valent pas, surtout quand il s’agit de récupération musculaire et de compensation des pertes minérales. La Suisse a la chance de posséder un patrimoine d’eaux minérales aux profils très variés, qui peuvent être utilisées comme de véritables outils de santé.
L’effort physique, surtout en altitude, entraîne une perte d’eau et d’électrolytes par la transpiration. Deux minéraux sont particulièrement critiques pour le sportif : le magnésium, qui contribue à la relaxation musculaire et prévient les crampes, et le calcium, essentiel à la contraction musculaire et à la santé osseuse. Choisir son eau minérale en fonction de sa composition devient alors un acte stratégique pour optimiser sa récupération.
Les eaux minérales suisses présentent des teneurs très différentes en ces minéraux clés. Le choix entre une Henniez, une Valser ou une Eptingen ne devrait pas se faire au hasard, mais en fonction de votre besoin spécifique. Une analyse comparative des eaux minérales suisses permet d’y voir plus clair.
| Eau minérale | Magnésium (mg/L) | Calcium (mg/L) | Usage recommandé |
|---|---|---|---|
| Eptingen | Très élevé | Élevé | Prévention crampes post-effort |
| Valser | Modéré | Très élevé | Santé osseuse, récupération |
| Henniez | Équilibré | Équilibré | Hydratation quotidienne |
Ainsi, pour un sportif cherchant à prévenir les crampes après un effort intense, l’eau d’Eptingen, exceptionnellement riche en magnésium, est un choix judicieux. Pour une hydratation de tous les jours, la composition plus équilibrée d’Henniez est parfaitement adaptée. Comprendre ces nuances permet de transformer un simple geste d’hydratation en une véritable stratégie de récupération active.
L’erreur de prendre des multivitamines américaines dosées bien au-dessus des recommandations suisses
Dans la quête d’un regain d’énergie, l’attrait pour les compléments alimentaires « tout-en-un » est fort. Le marché en ligne, notamment américain, propose des multivitamines aux dosages impressionnants, promettant des résultats rapides. Cependant, cette approche du « plus, c’est mieux » est non seulement inefficace, mais potentiellement dangereuse, et va à l’encontre du principe de précaution qui prévaut en Suisse.
Les autorités sanitaires suisses, comme Swissmedic et l’OSAV, fixent des apports journaliers recommandés (AJR) et des limites supérieures de sécurité basées sur des données scientifiques solides et adaptées à notre population. Les produits importés, en particulier des États-Unis où la réglementation est différente, contiennent souvent des doses de vitamines et minéraux (notamment les vitamines B, A, D et le zinc) qui dépassent massivement ces limites. Un surdosage chronique peut entraîner des effets toxiques : troubles neurologiques pour la vitamine B6, problèmes hépatiques pour la vitamine A, ou hypercalcémie pour la vitamine D.
De plus, la fiabilité de ces produits est souvent discutable. Une étude citée dans des recommandations médicales a révélé que pour les compléments vendus sur internet, 8 préparations sur 11 ne respectent pas les concentrations affichées sur l’étiquette. Vous pourriez donc consommer beaucoup plus, ou beaucoup moins, que ce que vous pensez, sans aucun contrôle de qualité.
En tant que pharmacien, mon conseil est clair : fuyez les « méga-doses » et privilégiez une approche ciblée. Avant de prendre un complément, identifiez vos besoins réels via un bilan sanguin et une discussion avec un professionnel de santé. Il est bien plus pertinent et sûr de supplémenter uniquement les carences avérées (comme la vitamine D en hiver) avec des produits de qualité pharmaceutique suisse, dont le dosage est contrôlé et garanti. La santé ne s’achète pas avec la promesse du surdosage, mais se construit avec la précision et la sécurité.
Quand se supplémenter en B12 si vous arrêtez la viande séchée et le cervelas ?
La transition vers un régime alimentaire réduisant ou excluant les produits d’origine animale est une tendance de fond, y compris en Suisse. Si cette démarche est bénéfique à bien des égards, elle impose une vigilance particulière sur un nutriment essentiel que l’on ne trouve de manière fiable que dans les produits animaux : la vitamine B12. Oublier de la supplémenter peut conduire, après plusieurs années, à des anémies et à des troubles neurologiques parfois irréversibles.
Comme le souligne l’Office fédéral de la sécurité alimentaire, cette vigilance doit être partagée par différents groupes de la population. Dans ses recommandations sur l’iode, il est rappelé que « les personnes végétariennes et véganes doivent privilégier le sel iodé, car les apports en iode via les produits d’origine animale sont réduits voire inexistants ». Cette même logique s’applique avec encore plus de force à la vitamine B12.
Les personnes végétariennes et véganes doivent privilégier le sel iodé, car les apports en iode via les produits d’origine animale sont réduits voire inexistants.
– Office fédéral de la sécurité alimentaire, Recommandations sur l’iode
La question n’est donc pas « si » mais « quand » et « comment » se supplémenter. La carence en B12 est insidieuse, car le corps dispose de réserves pour 2 à 5 ans. Il ne faut donc pas attendre l’apparition des symptômes. La supplémentation est systématique et non négociable pour les végétaliens. Pour les autres, une évaluation du risque est nécessaire.
Votre plan d’action pour la vitamine B12
- Évaluation du régime : Si vous êtes végétarien ou végétalien, la supplémentation en B12 est systématique. Ne la négligez pas.
- Flexitariens et seniors : Si vous réduisez fortement votre consommation de viande, de poisson et de produits laitiers, ou si vous avez plus de 65 ans (l’absorption diminue avec l’âge), un dosage sanguin est fortement conseillé.
- Vérification des médicaments : Certains traitements au long cours, comme la Metformine (diabète) ou les inhibiteurs de la pompe à protons (reflux gastrique), peuvent réduire l’absorption de la B12. Parlez-en à votre médecin ou pharmacien.
- Choix du test de dépistage : Un simple dosage de la B12 sérique peut être faussé. Pour un diagnostic précis, demandez un dosage complémentaire de l’acide méthylmalonique (MMA) et de l’homocystéine.
- Mise en place de la supplémentation : En fonction des résultats, votre professionnel de santé vous recommandera la forme (comprimés, spray, injections) et la posologie adaptées à vos besoins.
Pourquoi une lumière trop blanche (4000K) dans votre salon vous empêche de dormir ?
La gestion de la fatigue hivernale ne se limite pas à la nutrition. Un facteur souvent sous-estimé est la qualité de la lumière artificielle dans nos foyers. Le soir, après une journée passée sous un ciel gris, nous nous exposons à des sources lumineuses qui peuvent perturber notre horloge biologique et saboter la qualité de notre sommeil.
La lumière a une « température de couleur », mesurée en Kelvins (K). La lumière du jour est froide et bleutée (plus de 5000K), signalant à notre cerveau qu’il est temps d’être éveillé et alerte. La lumière du soleil couchant est chaude et orangée (moins de 3000K), indiquant qu’il est temps de produire de la mélatonine, l’hormone du sommeil. Le problème survient lorsque nos intérieurs sont équipés d’ampoules à la mauvaise température de couleur.
De nombreuses ampoules LED modernes, en particulier celles destinées aux cuisines ou aux bureaux, émettent une lumière blanche et froide (4000K ou plus). S’exposer à cette lumière en soirée envoie un mauvais signal à notre cerveau. Il interprète cette lumière comme un signal de jour, ce qui bloque la production de mélatonine. Résultat : vous avez du mal à vous endormir, et votre sommeil est moins profond et réparateur. Cela crée un cercle vicieux de fatigue.

La solution est simple et efficace : réservez les lumières froides pour les tâches qui nécessitent de la concentration durant la journée. Pour vos soirées, en particulier dans le salon et la chambre, optez systématiquement pour des ampoules « blanc chaud » (2700K est idéal). Créez une ambiance tamisée avec des lampes d’appoint plutôt qu’un éclairage plafonnier agressif. Ce simple changement peut radicalement améliorer la qualité de votre sommeil et, par conséquent, votre niveau d’énergie le lendemain.
L’erreur de ne pas boire assez et de monter trop vite qui mène au « mal des montagnes »
Les activités en altitude sont au cœur du mode de vie suisse. Cependant, la facilité et la rapidité avec lesquelles les remontées mécaniques nous transportent vers les sommets masquent les défis physiologiques que notre corps doit relever. Deux erreurs classiques, souvent commises par les touristes comme par les locaux, peuvent gâcher une journée en montagne : une hydratation insuffisante et une acclimatation trop rapide, menant tout droit au Mal Aigu des Montagnes (MAM).
Étude de cas : Les risques cachés des excursions emblématiques
Un exemple typique est l’excursion au Jungfraujoch. Passer de l’altitude d’Interlaken (environ 560m) à celle du « Top of Europe » (3454m) en moins de deux heures représente une ascension vertigineuse de près de 3000 mètres. L’air y est plus sec et la pression en oxygène plus faible. Sans une hydratation proactive et abondante (boire avant d’avoir soif), le corps se déshydrate rapidement. Cette montée express, sans paliers d’acclimatation, est la recette parfaite pour déclencher les symptômes du MAM : maux de tête, nausées, fatigue intense. De plus, la déshydratation affecte la fonction rénale, qui est un organe clé pour l’activation de la vitamine D, créant un lien direct avec les autres carences.
Le MAM n’est pas une fatalité. La prévention repose sur deux piliers simples. Premièrement, monter progressivement. Si possible, passez une nuit à une altitude intermédiaire (autour de 2000-2500m) avant de monter plus haut. Si vous effectuez une excursion à la journée, prévoyez des pauses régulières. Deuxièmement, l’hyper-hydratation. Il est recommandé de boire entre 3 et 4 litres d’eau par jour en altitude. L’eau aide à fluidifier le sang et à améliorer le transport de l’oxygène, compensant en partie la baisse de pression atmosphérique.
Ne sous-estimez jamais la montagne. Même pour une simple excursion en téléphérique, partez avec une grande bouteille d’eau et écoutez votre corps. Ralentir le rythme et boire abondamment sont les gestes de sécurité les plus importants pour profiter pleinement des paysages alpins sans subir les conséquences désagréables de l’altitude.
À retenir
- Les carences en vitamine D et iode en Suisse sont des problèmes structurels liés au climat et à la géologie, nécessitant une stratégie proactive.
- Privilégiez toujours des solutions de supplémentation locales et réglementées (sel iodé suisse, médicaments avec AMM) pour garantir sécurité et efficacité.
- Votre environnement quotidien (lumière, hydratation) et vos habitudes de vie (sport, alimentation) sont des leviers puissants pour combattre la fatigue et optimiser votre bien-être.
Combien de calories devez-vous vraiment manger pour une journée de ski ou de randonnée ?
Lutter contre le froid et se déplacer sur un terrain enneigé ou escarpé demande une quantité d’énergie considérable. Beaucoup de sportifs amateurs sous-estiment leurs besoins caloriques lors d’une journée en montagne, ce qui peut mener à l’hypoglycémie (le fameux « coup de barre »), à une baisse de performance et à une récupération plus lente. L’alimentation devient alors une composante essentielle de la sécurité et du plaisir.
Les besoins énergétiques varient selon l’intensité et la durée de l’effort, mais les estimations pour les activités alpines sont bien plus élevées qu’une journée de bureau. Selon des données publiées dans la Revue Médicale Suisse, il faut compter entre 2500 et 3500 kcal pour une journée de ski récréative, et cela peut monter jusqu’à 4000-5000 kcal pour des efforts d’endurance comme la Haute Route. Ne pas couvrir ces besoins, c’est s’exposer à une baisse de vigilance et augmenter le risque d’accident.
Une bonne stratégie nutritionnelle ne se limite pas à la quantité, mais aussi à la qualité et au timing des apports. Manger une fondue ou une croûte au fromage à midi peut sembler une bonne idée pour les calories, mais leur digestion lente et difficile peut plomber votre après-midi de ski. Il faut privilégier une approche plus stratégique.
Checklist de votre stratégie nutritionnelle alpine
- Le petit-déjeuner du champion : Avant de partir, faites le plein de glucides complexes à digestion lente. Un plat de rösti, du pain complet suisse avec de la confiture ou un grand bol de Birchermüesli constituent une base énergétique solide.
- Les snacks intelligents en poche : Pendant l’effort, consommez toutes les 1h30 à 2h des petites portions riches en énergie : fruits secs (abricots du Valais), une poignée d’amandes, des barres de céréales locales ou un morceau de Biberli.
- Le déjeuner léger et efficace : À midi, optez pour une soupe de chalet, une assiette de pâtes ou une salade composée avec une source de protéines, plutôt qu’un plat très riche en fromage et en graisses.
- La collation de récupération : Dans l’heure qui suit la fin de l’effort, consommez des protéines pour réparer les fibres musculaires. Un morceau de viande des Grisons, un bout de fromage d’alpage ou un yogourt sont d’excellentes options.
- L’hydratation continue : N’oubliez pas de boire régulièrement, même si vous n’avez pas soif. Alternez l’eau pure avec des boissons contenant des électrolytes, surtout si vous transpirez beaucoup.
Pour mettre en pratique ces conseils et adapter cette stratégie à votre situation personnelle, l’étape suivante consiste à en discuter avec un professionnel de santé. Votre médecin ou votre pharmacien pourra vous guider vers les solutions les plus sûres et les plus efficaces pour vous, afin de profiter pleinement de la vie en Suisse, en toute saison et en pleine forme.